Le salon doré

salon doré musée magnin

À la suite d’importants travaux de restauration, ce salon retrouva les ors de son plafond en 1990 ; il fut décoré de rideaux en damas de soie de la maison Prelle.

Quelques portraits du début du XIXe siècle rappellent le goût des Magnin pour ce genre peu recherché à leur époque mais qui leur permit d’acquérir des pièces qui contribuèrent à la renommée de leur collection : ainsi en est-il du Membre de l'expédition d'Egypte de Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833) ou de la Jeune fille au collier de jais. Les autoportraits de Jean-Louis Hamon (1821-1874) et d’Ary Scheffer (1795-1858) révèlent une intimité nouvelle. Louis Hersent (1777-1860) dans le Rossignol révèle une sensibilité caractéristique des années romantiques françaises, marquées par un goût de la narration, une référence à la littérature (les amants de Vérone) une atmosphère nocturne qui fait oublier l’enseignement académique .

 

Ces années voient l’épanouissement d’une peinture d’histoire sentimentale. Filippo Lippi et Lucrezia Buti de Paul Delaroche (1797-1856), exposé au Salon de 1824, relève de la même inspiration que l'Enfance de Giotto d'Henri de Forestier (1790-1868) ; elles évoquent un temps où le génie artistique était reconnu à sa juste valeur. Les artistes des années romantiques puisent plus volontiers leurs sujets dans la littérature que dans l’Antiquité. Lady Rowena recevant la cassette de Rébecca peinte par Eugène Devéria (1805-1865) et Henri Potterlet (1803-1835) témoigne de l’engouement pour Walter Scott.

Dans un registre plus traditionnel, Jules Ziegler (1804-1856), disciple d'Ingres, montre dans Saint Luc peignant la Vierge un archéologisme en vogue à la fin des années 1830. Dans Cour de ferme, Prosper Marilhat (1811-1847) peint la vie rurale thiernoise avec la sensibilité à la lumière et le goût du pittoresque qu’il a cultivés en Orient.

 

Une Pendule d'époque Empire en bronze doré, représente Hannibal vainqueur lors de la seconde guerre punique. Peu onéreux et encombrant, le pianoforte carré signé Tournaforis et datant de 1796 représente l’instrument idéal des appartements et salons. Il permettait l’exécution d’un répertoire varié, et avec l’émergence du pré-romantisme, une expressivité et une flexibilité sonore - en jouant soit doux soit fort - impossibles à obtenir avec un clavecin.