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École française

XVIe-XIXe siècle
Autoportrait en Bacchus (c) RMN-Grand Palais (musée Magnin) / Michel Urtado
Autoportrait en Bacchus
Peinture

Autoportrait en Bacchus

En peignant plusieurs portraits à la boisson, Alexis Grimou a laissé créer la légende d’un homme qui n’aimait rien tant que la bouteille. Le modèle tient ici une coupe à décor en relief et emprunte d'autres éléments à l’iconographie de la Rome antique des Triomphes de Bacchus : peau de léopard ; lierre, vert en toute saison, symbole de la force végétative et de la persistance du désir ; pomme de pin, transformant le bâton en thyrse, qui exalte la puissance vitale et la fécondité.

L’artiste multiplie les références artistiques : la pose de trois-quart, le visage tourné vers le spectateur et l’accoutrement font songer à Rembrandt, le port à la fois fier et moqueur de la coupe à Gerrit van Honthorst, l’association de l’homme et du végétal à Caravage, le thyrse et la peau de bête à Léonard de Vinci (le Bacchus du musée du Louvre). Au sujet léger, Grimou ajoute ainsi une touche de raillerie au regard ironique du personnage, en “ déguisant ” son motif en différents styles.

Ce pied-de-nez était peut-être destiné à l’Académie de peinture, rétive au goût rembranesque (matières brunes, clair-obscur...) qui attira plusieurs artistes au début du XVIIIe siècle. Cet autoportrait sort en effet de la tradition académique, dans laquelle les attributs du métier, palette, chevalet, livres, posaient l’identité sociale du modèle. À la dignité de l’artiste, Grimou a substitué un éloge de l’hédonisme - le vin, via le thème des bacchanales, étant depuis longtemps compris comme le substrat de tous les plaisirs.

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