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Sculptures

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La bienheureuse Ludovica Albertoni (c) RMN-Grand Palais (musée Magnin) / Stéphane Maréchalle
La bienheureuse Ludovica Albertoni
La bienheureuse Ludovica Albertoni RMN/Droits réservés
La bienheureuse Ludovica Albertoni
La bienheureuse Ludovica Albertoni
La bienheureuse Ludovica Albertoni
Sculpture

La bienheureuse Ludovica Albertoni

L’effigie de celle qui consacra sa vie au secours des pauvres du quartier populaire romain de Trastevere fut exécutée par Le Bernin en 1674, pour l’autel surplombant le caveau de la sainte, dans la chapelle familiale de l’église San Francesco a Ripa. L’iconographie est inspirée de la biographie écrite à l’occasion du procès en béatification, qui eut lieu en 1671 : terrassée par la fièvre qui devait l’emporter en 1533, Ludovica trouva réconfort dans l’Eucharistie, en attendant impatiemment la mort pour s’unir au Christ. La position des mains, la cambrure du corps et l’agitation du vêtement traduisent les dernières convulsions.

La sculpture fut assez célèbre pour engendrer copies et réductions. La terre cuite du musée Magnin est conforme au marbre original et fut sans doute exécutée par un membre de l’atelier de l’artiste. Sa particularité est d’avoir été conçue comme un ouvrage en ronde bosse : le revers présente un caractère fini. Cette réduction semble donc un objet de délectation destiné à un amateur. Elle témoigne d’une évolution du goût : l’engouement pour les terres cuites, qui prend son essor au XVIIIe siècle, et surtout la modification du regard sur la sculpture religieuse du XVIIe siècle. On n’y voit plus la mystique vibrante, l’austère leçon de l’art de bien mourir, mais une image sensuelle et ambigue qui s’attache à la délectation esthétique, dans un matériau et un format en adéquation avec le caractère intime de ce plaisir.

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