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La Victoire de Judas Macchabée © © GrandPalaisRmn (musée Magnin) / Michel Urtado

CONFÉRENCE - « Il ne faut point d’art à la chute »

Réinventer le corps en chute libre dans l’art de la première modernité (XVIe-XVIIIe siècles)

Le 11 juin 2026

18:30 - 20:00

Type(s) de public Adulte

Quand on pense à la figure humaine dans l’art de la Renaissance, on ne l’imagine pas la tête en bas, en train de tomber. À partir du XVIe siècle, pourtant, l’idéal philosophique et esthétique de la station droite – l’ « édifice du corps » (G. Vigarello) – se heurte à d’autres manières de concevoir le rapport de l’individu au monde, de le représenter dans l’espace et de restituer ses affects.

Certes, le trébuchement, le déséquilibre et la chute ne sont pas apparus dans l’art à cette époque. Toutefois, il a fallu que les contours du monde connu s’élargissent, que de grandes crises religieuses éclatent et que des artistes comme Michel-Ange s’imposent dans le paysage artistique pour que s’épanouissent, au fil des siècles, des corps précipités aussi émouvants que spectaculaires. On voit alors se multiplier, en peinture et en sculpture, des représentations d’Icare, de Phaéton, des Géants (pour ce qui est de la mythologie gréco-romaine) mais aussi de Lucifer, des anges rebelles ou encore de Simon le mage (issus de la doctrine chrétienne), jetés du ciel pour avoir défié la divinité.

C’est aussi à ce moment-là que se font de nouvelles expériences sur la chute des « corps lourds » et que les artistes, bien avant Newton, s’interrogent sur la meilleure manière de restituer la pesanteur. Comment représenter un corps qui tombe, a fortiori dans la sculpture, art de la fixité par excellence ? Même chargée de valeurs négatives, la chute ne s’oppose pas toujours aux aspirations célestes de l’âme humaine. Comment les formuler ? Et de quelles façons le corps en chute libre impacte-t-il les spectateurs ? Nous proposons ici un parcours visuel et poétique de la chute et de ses significations qui fera écho aux œuvres de Djamel Tatah. 

Angèle Tence est chercheure en histoire de l’art de la période moderne, actuellement postdoctorante au CNRS / Centre André-Chastel. Elle a récemment contribué aux actes du colloque Corps troublants (Silvana Editoriale, 2026) et prépare la publication de sa thèse de doctorat, Le Corps précipité. Chute et châtiment dans l’art européen de la première modernité (De Gruyter, 2027). 

TARIFS

Gratuit. Sur réservation au 03 80 67 11 10.

50 places

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